Cette technique chirurgicale permet la naissance de l'enfant sans passer par les voies naturelles : 1 bébé sur 5 naîtrait aujourd'hui par césarienne, soit deux fois plus qu'il y a vingt ans.

Dans les 559 maternités de l'étude, le taux de césariennes varie de 9,3 % à 43,3 % par exemple pour la clinique privée de la Muette à Paris. Or ces maternités sont toutes de niveau 1, ce qui signifie qu'elles ne prennent en charge que les accouchements sans risque. Ces césariennes ne sont donc pas justifiées par des raisons médicales. Et cette intervention chirurgicale, indispensable dans certaines situations, présente des risques de mortalité de la mère et de problèmes respiratoires plus élevés chez les bébés.

Les responsables de ces maternités l'admettent mais expliquent qu'ils ne font que répondre aux demandes des mères qui préférent ainsi « planifier » la naissance. C'est sans doute vrai, mais les responsables de ces établissements privés y voient surtout l'intérêt de « planifier » le travail de leurs services, car il est plus simple de programmer une césarienne que d'accompagner un accouchement naturel. Le recours à la césarienne permet aussi aux maternités de réduire le nombre de gardes de nuit et de week-end. Pour expliquer l'augmentation du nombre des césariennes, un autre médecin explique même que l'augmentation du nombre des grossesses tardives après 35 ans, avec leurs éventuelles complications, est synonyme de procès possibles, qu'une césarienne permettrait d'éviter...

C'est donc très vraisemblablement par des raisons largement économiques que s'explique ce boom des césariennes. La Fédération hospitalière privée se défend pourtant en affirmant que ses établissements "n'ont aucun intérêt financier à pratiquer des césariennes, puisque cette intervention est sous-rémunérée à hauteur de 347 euros". C'est oublier les dépassements d'honoraires qui peuvent faire de cette intervention chirurgicale une affaire lucrative.