L'amniocentèse
L'amniocentèse est un examen médical prénatal qui consiste à prélever une petite quantité de liquide amniotique pour analyser la santé du fœtus. Cette procédure permet de détecter des anomalies chromosomiques, des maladies génétiques et certaines infections. Bien que redoutée par de nombreuses futures mamans, elle reste un outil diagnostic essentiel dans certaines situations à risque.
Dernière mise à jour février 2026 | Temps de lecture : 8 min
Qu'est-ce que l'amniocentèse ?
L'amniocentèse est un prélèvement de 15 à 20 millilitres de liquide amniotique, le liquide dans lequel baigne le bébé pendant la grossesse. Ce liquide contient des cellules fœtales qui peuvent être analysées en laboratoire.
Le prélèvement s'effectue à l'aide d'une aiguille fine introduite à travers la paroi abdominale de la mère, sous contrôle échographique continu. Cette surveillance par échographie permet au médecin de visualiser en temps réel la position du fœtus et du placenta pour éviter tout contact avec le bébé.
Le saviez-vous ?
Le liquide amniotique prélevé représente moins de 10 % du volume total présent dans l'utérus à ce stade de la grossesse. Il se renouvelle naturellement et rapidement, sans impact pour le fœtus.
Quand réalise-t-on une amniocentèse ?
L'amniocentèse est généralement pratiquée à partir de la 15e semaine d'aménorrhée, soit environ 13 semaines de grossesse. Elle peut être effectuée jusqu'au terme de la grossesse si nécessaire.
Dans certains cas particuliers nécessitant un diagnostic plus précoce, une amniocentèse peut être réalisée entre la 13e et la 14e semaine d'aménorrhée. Une amniocentèse tardive, au troisième trimestre, peut être proposée pour évaluer la maturité pulmonaire du fœtus en cas de grossesse à risque.
Dans quels cas propose-t-on une amniocentèse ?
L'amniocentèse n'est pas systématique. Elle est proposée uniquement dans des situations spécifiques :
- Lorsque le dépistage prénatal non invasif indique un risque élevé d'anomalie chromosomique
- Si des signes d'alerte sont détectés lors des échographies du deuxième ou troisième trimestre
- En cas d'antécédents familiaux de maladies génétiques
- Lorsque l'un ou les deux parents sont porteurs d'une anomalie chromosomique
- Pour détecter certaines infections fœtales comme la toxoplasmose ou le cytomégalovirus
- Pour évaluer la maturité des poumons du fœtus en cas d'accouchement prématuré envisagé
Contrairement aux idées reçues, l'âge maternel seul ne justifie plus automatiquement une amniocentèse. À partir de 38 ans, un dépistage combiné est d'abord proposé avant d'envisager cet examen.
Comment se déroule une amniocentèse ?
Avant l'examen
Aucune préparation particulière n'est nécessaire. Il n'est pas obligatoire d'être à jeun. Prévoyez des vêtements confortables et pensez à apporter votre carte de groupe sanguin.
Vous pouvez être accompagnée pendant l'examen. Un entretien préalable permet au médecin d'expliquer la procédure, de vérifier vos antécédents médicaux et d'obtenir votre consentement éclairé.
Pendant le prélèvement
L'examen dure environ 15 à 30 minutes au total, mais le prélèvement lui-même ne prend que quelques minutes.
Vous êtes allongée sur le dos. Le médecin réalise d'abord une échographie pour localiser précisément le fœtus, le placenta et identifier la zone optimale de ponction. Après désinfection de l'abdomen, l'aiguille est introduite sous contrôle échographique permanent.
L'amniocentèse ne nécessite généralement pas d'anesthésie. La sensation ressentie est comparable à celle d'une prise de sang, avec parfois une légère pression. Le geste est peu douloureux pour la majorité des femmes.
Après l'examen
Un repos de 24 à 48 heures est recommandé après l'amniocentèse. Un arrêt de travail peut être prescrit pour la journée du prélèvement.
Vous pouvez ressentir quelques tiraillements ou des crampes dans le bas-ventre dans les heures qui suivent. Ces sensations disparaissent généralement d'elles-mêmes.
Si vous êtes de rhésus négatif, une injection de gammaglobulines anti-D peut être nécessaire pour prévenir une incompatibilité sanguine.
Les résultats de l'amniocentèse
Les délais d'obtention des résultats varient selon le type d'analyse :
- Pour le dépistage des trisomies 13, 18 et 21 : résultats en 2 à 3 jours grâce aux techniques de biologie moléculaire
- Pour le caryotype complet : 2 à 3 semaines, car les cellules doivent être mises en culture
- Pour les recherches d'infections : quelques jours à quelques semaines selon les analyses
La fiabilité de l'amniocentèse est très élevée, supérieure à 99 % pour la détection de la trisomie 21 et des autres anomalies chromosomiques.
Dans de rares cas, la culture cellulaire peut échouer ou le liquide prélevé peut être mélangé au sang maternel, rendant l'analyse impossible. Un nouveau prélèvement est alors nécessaire.
Quels sont les risques de l'amniocentèse ?
Le risque de fausse couche
Le principal risque associé à l'amniocentèse est celui de fausse couche. Les données récentes sont rassurantes : ce risque est estimé à moins de 0,5 %, soit environ 1 cas sur 200 à 300 examens.
Des études récentes suggèrent même que ce risque pourrait être encore plus faible, autour de 0,06 % selon certaines publications. Cette amélioration s'explique par les progrès techniques : aiguilles plus fines, guidage échographique systématique et meilleure formation des praticiens.
Le risque de fausse couche est maximal dans les 8 à 10 jours suivant le prélèvement.
Les autres complications possibles
Les autres risques sont rares :
- Infection du liquide amniotique : moins de 0,1 % des cas
- Saignements vaginaux transitoires
- Perte de liquide amniotique
- Contractions utérines
Ces complications nécessitent une consultation médicale rapide.
Attention
Consultez en urgence en cas de fièvre, de douleurs abdominales intenses persistantes, de perte importante de liquide amniotique ou de saignements vaginaux dans les jours suivant l'examen.
L'amniocentèse et les alternatives
Avant de proposer une amniocentèse, d'autres examens moins invasifs sont réalisés :
Le dépistage combiné du premier trimestre
Il associe une échographie de la clarté nucale, un dosage des marqueurs sériques dans le sang maternel et l'âge maternel. Ce dépistage permet d'évaluer le risque sans danger pour le fœtus.
Le test prénatal non invasif
Le dépistage prénatal non invasif repose sur une simple prise de sang maternel. Il analyse l'ADN fœtal circulant dans le sang de la mère et offre une fiabilité de 99,7 % pour la détection de la trisomie 21.
Si le résultat est positif, une amniocentèse de confirmation est alors proposée. Si le résultat est négatif, cela permet d'éviter une amniocentèse et ses risques associés.
La biopsie de trophoblaste
Pour un diagnostic plus précoce, entre 11 et 14 semaines d'aménorrhée, la biopsie de trophoblaste peut être proposée. Elle consiste à prélever de petits fragments du futur placenta. Cette technique nécessite généralement une anesthésie locale et présente des risques similaires à l'amniocentèse.
Prise en charge et remboursement
L'amniocentèse est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie lorsqu'elle est médicalement justifiée dans les situations suivantes :
- Âge maternel supérieur ou égal à 38 ans
- Anomalies chromosomiques parentales connues
- Résultats du dépistage combiné indiquant un risque supérieur ou égal à 1/250
- Anomalies morphologiques détectées à l'échographie
- Risque de maladies génétiques liées au sexe de l'enfant
Le tarif de base de remboursement est de 68,58 euros, mais le coût réel peut varier selon l'établissement et les analyses demandées.
Que faire après des résultats d'amniocentèse ?
En cas de résultats normaux
Si l'amniocentèse ne révèle aucune anomalie, la grossesse se poursuit normalement avec le suivi habituel. Les résultats vous sont généralement envoyés par courrier, ainsi qu'à votre médecin.
En cas d'anomalie détectée
Si une anomalie est découverte, un entretien avec votre médecin est organisé pour vous expliquer les résultats en détail. Vous êtes alors orientée vers un centre de diagnostic prénatal pluridisciplinaire.
Une équipe de spécialistes vous accompagne pour comprendre la nature et la gravité de l'anomalie. Selon les cas, différentes options peuvent être envisagées, dont la poursuite de la grossesse avec une prise en charge adaptée ou une interruption médicale de grossesse si la pathologie est particulièrement grave.
Cette décision vous appartient et se prend avec l'accompagnement de l'équipe médicale, en fonction de vos valeurs personnelles et de votre situation.
Le saviez-vous ?
Un accompagnement psychologique est systématiquement proposé aux couples confrontés à une anomalie fœtale, quelle que soit leur décision. De nombreux centres proposent également un soutien après la naissance pour les familles qui poursuivent la grossesse.
FAQ : vos questions sur l'amniocentèse
L'amniocentèse est-elle douloureuse ?
Non, l'amniocentèse est généralement peu douloureuse. La sensation est comparable à celle d'une prise de sang. Vous pouvez ressentir une légère pression lors de l'introduction de l'aiguille, mais le geste est rapide. L'anesthésie locale n'est pas nécessaire dans la plupart des cas.
Peut-on connaître le sexe du bébé avec une amniocentèse ?
Oui, l'analyse chromosomique révèle le sexe du bébé. Cependant, l'amniocentèse n'est jamais pratiquée uniquement pour connaître le sexe. Cette information est donnée si vous le souhaitez, dans le cadre du diagnostic réalisé pour d'autres raisons médicales.
Combien de temps doit-on se reposer après une amniocentèse ?
Un repos de 24 à 48 heures est recommandé. Le jour du prélèvement, évitez les efforts physiques importants, le port de charges lourdes et les longs trajets. Vous pouvez généralement reprendre vos activités normales dès le lendemain si vous ne ressentez pas de douleur particulière.
L'amniocentèse peut-elle être refusée ?
Absolument. L'amniocentèse est un examen proposé, jamais imposé. Vous êtes libre d'accepter ou de refuser cet examen, même si votre médecin le recommande. Cette décision vous appartient après avoir reçu toutes les informations nécessaires sur les bénéfices et les risques.
L'amniocentèse, un examen médical encadré
L'amniocentèse reste un examen de référence pour le diagnostic prénatal des anomalies chromosomiques et des maladies génétiques. Réalisée à partir de la 15e semaine d'aménorrhée, elle permet d'analyser le liquide amniotique et d'obtenir des résultats fiables à plus de 99 %.
Si les risques existent, notamment celui de fausse couche estimé à moins de 0,5 %, les progrès techniques ont considérablement amélioré la sécurité de cet examen. Le guidage échographique permanent et l'expertise des praticiens minimisent aujourd'hui les complications.
Rappel important : Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Pour toute question concernant votre grossesse et la nécessité d'une amniocentèse, consultez votre gynécologue-obstétricien ou votre sage-femme.
