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La fausse couche

La fausse couche représente une interruption spontanée de la grossesse avant la 22ème semaine d'aménorrhée. Cette situation touche environ 15 % des grossesses confirmées et soulève de nombreuses questions chez les femmes enceintes et leur entourage.


Dernière mise à jour janvier 2026 | Temps de lecture : 12 min

La fausse couche
La fausse couche

Qu'est-ce qu'une fausse couche ?

Une fausse couche correspond à l'arrêt naturel et involontaire d'une grossesse au cours des cinq premiers mois. Au-delà de cette période, on parle de mort fœtale in utero.

Les différents types de fausses couches

La fausse couche précoce survient avant la 14ème semaine d'aménorrhée, soit pendant le premier trimestre. Il s'agit du cas le plus fréquent, représentant la grande majorité des situations.

La fausse couche tardive se produit entre la 14ème et la 22ème semaine d'aménorrhée, soit entre le troisième et le cinquième mois de grossesse.

La fausse couche silencieuse ne présente aucun symptôme apparent. L'arrêt de la grossesse est découvert lors d'une échographie de routine, alors que l'embryon a cessé de se développer sans provoquer de saignements ni de douleurs.

La fausse couche complète désigne l'expulsion totale de l'embryon et des tissus placentaires, tandis que la fausse couche incomplète signifie que des résidus restent dans l'utérus.

Fréquence et fausses couches à répétition

Les fausses couches isolées concernent la majorité des femmes qui en vivent une. Elles sont suivies de grossesses normales et ne nécessitent généralement pas d'investigation approfondie.

On parle de fausses couches à répétition lorsqu'une femme présente au moins deux interruptions spontanées de grossesse consécutives. Cette situation concerne environ 1,5 % des femmes et nécessite un bilan médical complet.

Le saviez-vous ?
Environ 80 % des fausses couches surviennent au cours des 12 premières semaines de grossesse. Beaucoup se produisent même avant que la femme ne sache qu'elle est enceinte.

Les symptômes d'une fausse couche

Les signes principaux

Les saignements vaginaux constituent le symptôme le plus fréquent. Ils peuvent être légers ou abondants, de couleur rouge vif ou brunâtre. Le sang peut contenir des caillots ou des tissus.

Les douleurs abdominales ressemblent souvent à des crampes menstruelles ou à des contractions. Elles peuvent s'accompagner de douleurs dans le bas du dos ou le bassin.

L'expulsion de tissus par le vagin peut se produire, sous forme de caillots de sang ou de fragments brunâtres.

La disparition des symptômes de grossesse, comme les nausées, les vomissements ou la sensibilité des seins, peut parfois alerter, bien que ces signes puissent naturellement fluctuer pendant une grossesse normale.

Quand consulter en urgence ?

Une consultation rapide est nécessaire si vous présentez :

  • Des saignements abondants nécessitant plus de deux serviettes hygiéniques par heure
  • Des douleurs abdominales intenses qui ne s'atténuent pas
  • De la fièvre, des frissons ou des malaises
  • Des étourdissements persistants accompagnés de saignements

Ces symptômes peuvent indiquer une fausse couche hémorragique ou une infection et nécessitent une prise en charge immédiate.

Attention aux idées reçues

Un quart des femmes enceintes présentent des saignements légers au cours du premier trimestre et poursuivent leur grossesse normalement. Des saignements isolés, sans douleurs associées, ne signifient donc pas systématiquement une fausse couche.

Les causes de la fausse couche

Les anomalies chromosomiques

Dans environ 60 % des cas de fausse couche précoce, l'origine est une anomalie génétique de l'embryon. Les chromosomes ne se répartissent pas correctement lors de la fécondation, empêchant le développement normal. Il s'agit d'un phénomène aléatoire et non prévisible.

Les facteurs maternels

Les troubles hormonaux peuvent perturber le maintien de la grossesse : insuffisance de progestérone, dysfonctionnement thyroïdien, syndrome des ovaires polykystiques ou diabète mal contrôlé.

Les anomalies utérines telles que les fibromes, les polypes, l'utérus cloisonné ou les malformations peuvent gêner l'implantation et le développement de l'embryon.

Les troubles de la coagulation, notamment le syndrome des antiphospholipides, augmentent le risque de formation de caillots sanguins pouvant compromettre la grossesse.

Les maladies chroniques insuffisamment contrôlées comme le lupus, les maladies auto-immunes ou l'anémie peuvent favoriser les fausses couches.

Les infections

Certaines infections en début de grossesse peuvent provoquer un arrêt : toxoplasmose, rubéole, listériose ou cytomégalovirus. La prévention par la vaccination et l'hygiène alimentaire reste essentielle.

L'âge maternel et paternel

Le risque augmente significativement avec l'âge. À 25 ans, il est d'environ 12 % par grossesse. Ce risque s'élève à 50 % à 42 ans, et peut atteindre 65 % après 45 ans. L'âge paternel supérieur à 40 ans constitue également un facteur de risque.

Les facteurs environnementaux et hygiène de vie

Le tabagisme, la consommation d'alcool, l'usage de drogues et l'exposition à certains produits chimiques ou pesticides augmentent les risques.

Les indices de masse corporelle extrêmes, qu'il s'agisse d'obésité ou de maigreur, sont associés à un risque accru.

Le stress psychologique, les traumatismes physiques et l'exposition à la pollution atmosphérique peuvent également jouer un rôle.

Le diagnostic de la fausse couche

L'examen médical

Le médecin ou la sage-femme commence par un examen clinique et recueille vos antécédents médicaux. L'examen pelvien permet d'évaluer l'ouverture du col de l'utérus et la présence de saignements.

L'échographie

L'échographie pelvienne, de préférence par voie transvaginale, constitue l'examen clé. Elle permet de visualiser l'embryon, de vérifier la présence ou l'absence d'activité cardiaque et d'évaluer si l'expulsion est complète ou incomplète.

Le dosage de l'hormone bêta-hCG

Le dosage sanguin de l'hormone de grossesse aide au diagnostic. En cas de fausse couche, le taux stagne ou diminue, alors qu'il devrait doubler tous les deux jours environ lors d'une grossesse normale.

Des dosages successifs à quelques jours d'intervalle permettent de suivre l'évolution.

Les options de prise en charge

Trois approches sont possibles selon la situation clinique, l'évolution des symptômes et le choix de la patiente en concertation avec l'équipe médicale.

L'expectative ou prise en charge non interventionniste

Cette option consiste à laisser la nature suivre son cours. L'utérus expulse naturellement l'embryon et les tissus en quelques jours à deux semaines. Des échographies de contrôle vérifient que l'expulsion est complète.

Cette approche convient particulièrement aux fausses couches incomplètes où le processus a déjà commencé. Elle évite tout geste médical invasif mais nécessite une surveillance régulière.

Le traitement médicamenteux

Des médicaments permettent d'accélérer l'expulsion des tissus embryonnaires. Le misoprostol, analogue des prostaglandines, provoque des contractions utérines et l'ouverture du col.

L'association de mifépristone et de misoprostol constitue le traitement de première intention. La mifépristone bloque la progestérone, tandis que le misoprostol déclenche les contractions. Cette combinaison offre de meilleurs résultats que le misoprostol seul.

Le traitement s'administre par voie orale et agit en quelques heures. Les effets secondaires incluent crampes abdominales, saignements et contractions. Une échographie de contrôle est réalisée 48 heures après pour vérifier l'efficacité.

Le traitement chirurgical

L'aspiration endo-utérine ou le curetage permet d'évacuer rapidement et complètement le contenu utérin. Cette intervention se réalise sous anesthésie, généralement en ambulatoire.

Elle est indiquée en cas de saignements abondants, d'échec du traitement médicamenteux ou sur demande de la patiente. Le traitement chirurgical présente le taux de succès le plus élevé et évite une attente prolongée.

Comparaison des trois approches

Méthode Avantages Inconvénients
Expectative Non invasive, naturelle Délai variable, nécessite surveillance
Médicamenteuse À domicile possible, non chirurgicale Crampes, saignements, possibilité d'échec
Chirurgicale Rapide, efficace Anesthésie, geste invasif, risques rares

Après une fausse couche

Les précautions à prendre

Évitez l'utilisation de tampons hygiéniques pendant deux semaines pour limiter le risque d'infection. Attendez environ deux semaines avant de reprendre les rapports sexuels avec pénétration.

La prévention de l'allo-immunisation rhésus

Les femmes de rhésus négatif reçoivent une injection de sérum anti-rhésus dans les 72 heures suivant la fausse couche. Ce traitement prévient la formation d'anticorps qui pourraient affecter une grossesse ultérieure.

Le suivi médical

Consultez à nouveau si vous ressentez de la fièvre, des frissons, des saignements très abondants ou des douleurs persistantes. Une échographie de contrôle vérifie que l'utérus est vide et qu'aucune complication n'est survenue.

Retomber enceinte

La plupart des femmes ayant vécu une fausse couche peuvent mener une grossesse à terme par la suite. Il est conseillé d'attendre de un à trois mois avant de retomber enceinte, le temps de permettre au corps de récupérer physiquement et émotionnellement.

Le bilan après fausses couches répétées

Après deux fausses couches consécutives, un bilan approfondi est recommandé. Il peut comprendre :

  • Des examens d'imagerie pour détecter des anomalies utérines
  • Des analyses sanguines pour rechercher des troubles hormonaux, thyroïdiens, des anomalies de la coagulation ou le syndrome des antiphospholipides
  • Des tests génétiques pour le couple si indiqué
  • Une évaluation du mode de vie et des expositions environnementales

Peut-on prévenir les fausses couches ?

Les causes non prévisibles

Les anomalies chromosomiques, principale cause de fausse couche, ne peuvent être ni prévues ni évitées. Elles surviennent de façon aléatoire lors de la formation de l'embryon.

Les mesures préventives applicables

Avant la conception

  • Arrêter le tabac et limiter drastiquement la consommation d'alcool
  • Adopter une alimentation équilibrée et variée
  • Corriger un surpoids ou une insuffisance pondérale
  • Contrôler les maladies chroniques comme le diabète ou l'hypothyroïdie
  • Mettre à jour ses vaccinations, notamment contre la rubéole
  • Éviter l'exposition à des produits toxiques ou chimiques

Pendant la grossesse

  • Suivre rigoureusement les recommandations alimentaires pour éviter les infections
  • Maintenir une activité physique adaptée comme la marche ou la natation
  • Éviter les sports intenses avec impacts ou les efforts physiques importants
  • Limiter le stress et privilégier le repos
  • Ne pas consommer de drogues ni d'alcool
  • Réduire la consommation de café

Une consultation préconceptionnelle

Un rendez-vous avec un professionnel de santé avant de concevoir permet de faire le point sur votre état de santé général, vos vaccinations, vos traitements en cours et d'anticiper les risques éventuels.

L'accompagnement psychologique

L'impact émotionnel

Vivre une fausse couche constitue une épreuve difficile sur le plan émotionnel. Plus de la moitié des femmes concernées décrivent un véritable deuil. Sentiments de vide, de tristesse, de colère, de culpabilité ou d'injustice sont fréquents.

L'importance du soutien

N'hésitez pas à demander un accompagnement psychologique à votre médecin, sage-femme ou un psychologue. Votre entourage, les associations de soutien et les groupes de parole peuvent également vous aider à traverser cette période.

Un arrêt de travail possible

Si votre état de santé le nécessite, votre médecin peut vous prescrire un arrêt de travail pour maladie, sans délai de carence.

Le saviez-vous ?
Contrairement à ce que son nom suggère, une fausse couche n'a rien de "faux". Il s'agit d'une perte réelle qui peut avoir de vraies conséquences psychologiques et nécessite une prise en charge empathique.

FAQ : vos questions sur la fausse couche

Combien de temps dure une fausse couche ?

La durée varie selon les femmes et le type de prise en charge. Les symptômes comme les saignements et les crampes durent généralement de quelques jours à deux semaines. Les saignements peuvent persister légèrement au-delà. En cas d'expectative, le processus complet peut prendre jusqu'à quatre semaines.

Comment différencier les saignements de règles d'une fausse couche précoce ?

Si vos règles arrivent moins de deux semaines après la date prévue, il est difficile de distinguer un retard de règles d'une fausse couche très précoce. Les saignements de fausse couche sont souvent plus intenses que les règles normales, avec présence de caillots ou de tissus, et durent généralement plus longtemps. Ils s'accompagnent fréquemment de crampes plus sévères.

Un test de grossesse peut-il rester positif après une fausse couche ?

Oui, le test peut rester positif plusieurs jours à plusieurs semaines après une fausse couche. L'hormone bêta-hCG ne chute pas instantanément et met du temps à redescendre à zéro. Si la grossesse était peu avancée, le test redevient négatif en une à deux semaines. Si elle était plus avancée, cela peut prendre trois à quatre semaines, voire plus.

Faut-il faire un bilan après une première fausse couche ?

Après une fausse couche isolée, aucun bilan approfondi n'est généralement nécessaire. La cause est le plus souvent une anomalie chromosomique aléatoire. Un bilan médical est recommandé après au moins deux fausses couches consécutives pour rechercher une cause sous-jacente.

La fausse couche représente une complication fréquente de la grossesse, touchant environ 15 % des femmes enceintes. Elle résulte le plus souvent d'anomalies chromosomiques impossibles à prévenir. Les symptômes principaux incluent saignements vaginaux et douleurs abdominales, nécessitant une consultation pour confirmation par échographie. Trois options de prise en charge existent selon la situation : expectative, médicamenteuse ou chirurgicale. La grande majorité des femmes ayant vécu une fausse couche peuvent ensuite mener une grossesse à terme, et un soutien psychologique adapté aide à surmonter cette épreuve difficile.


Rappel important : Les informations de cet article sont basées sur les connaissances actuelles en santé publique et obstétrique et doivent être considérées à titre informatif. Pour toute question spécifique à votre situation, consultez un professionnel de santé.

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